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Sophie Calle ( 1953 - )
Sophie Calle est née le 9 octobre 1953 à Paris.
Sophie Calle est une photographe , une écrivaine et la réalisatrice
du film No Sex Last Night.
Elle est surtout une artiste inclassable, dont le talent est de n'en avoir
aucun.
Elle se caractérise par un esprit provocateur, hérité de l'artiste Francis
Banguet. Elle a été par exemple la première photographe à présenter une
exposition dont elle n'avait pas pris elle-même une seule photo : elle
avait demandé à une agence de détective privés de la prendre en filature
et de la prendre en photo à son insu. Ce sont ces photos d'elle qu'elle
exposa.
Sophie Calle part au début des années 1970 pour un long
périple à travers le monde. C'est lors d'un séjour en Californie en 1978,
qu'elle prend ses premières photographies "sans vocation" : des
tombes portant l'inscription "Father" et "Mother". Elle
vient de découvrir ce qui pourrait "plaire à son père".
A son retour à Paris, elle commence ses premières filatures
d'inconnus dans la rue, dérive contrôlée dans la ville, qu'elle
agrémente de photographies et de textes, consignés dans des carnets. Le
travail de Sophie Calle a pu ainsi être apparenté à celui des artistes
des années 1960, où le statut de l'image photographique concernait la
trace, la preuve objective de leurs expériences et de leurs performances.
Son ÷uvre se rapproche davantage en fait d'un art narratif , issu
lui aussi de la même période
Les travaux de Sophie Calle sont aussi caractérisés par la mise en scène
de l'artiste elle-même. Sophie Calle utilise la plupart du temps les récits
d'histoires qu'elle a vécues ("Histoires vraies").
Une commande d'œuvre "in situ" qu'une banque lui avait commandée aboutit
après quinze années de projets, de recherches et de tentatives vaines
à un ouvrage racontant son échec : En Finir .
C'est en partie pour que toute ces années et tout ce temps passé n'aboutissent
justement pas à rien, et donc pour éviter un échec total.
En effet Sophie Calle avoue n'avoir su comment utiliser les images de
vidéo-surveillance du distributeur automatique pour créer une uvre
typique de son art, et cela en grande partie parce qu'il ne s'agissait
pas de matière extraite à sa propre vie à son propre quotidien. Elle terminera
donc avec ce projet en utilisant sa manière personnelle d'aborder les
images et en en montrant une grande partie sans avoir agit dessus.
Dans ce livre, elle raconte son cheminement, ses tentatives, ses fausses
routes, l'aide qu'elle a pu demander à Jean Baudrillard ou même à sa banquière.
On retrouve systématiquement ce rapport explicatif entre les textes et
les photographies de Sophie Calle, qu'elle raconte l'histoire, la démarche
qui en est à l'origine ou même les conséquences qui ont suivie cette photo.
Enfin Sophie Calle laisse une place importante au spectateur puisqu'il
est récurrent dans ses ÷uvres qu'il puisse avoir accès à son intimité
(Journaux intimes, Évaluation psychologique) ou bien qu'elle le
fasse participer activement dans la création (Fantômes).
L'exemple le plus éloquent de cette combinaison est sa performance intitulée
Les Dormeurs.
L'artiste à demandé à différents inconnus, ou amis de venir passer un
certain nombre d'heures dans son propre lit afin que celui-ci soit occupé
par les dormeurs sans discontinuité huit jours durant.
Elle pris pendant ces huit jours des clichés des dormeurs (dont Fabrice
Luchini) et nota consciencieusement les détails et éléments important
de ces brèves rencontres : sujets de discussion, positions des dormeurs,
leurs mouvements au cours de leur sommeil, le menu détaillé du petit déjeuner
qu'elle leur préparait.
Un autre thème important que Sophie Calle traite est l'absence (Lat
Seen, Fantômes, Les Aveugles ).
Un grand nombre d'oeuvres de Sophie Calle marquent son goût pour le
jeu: avec elle-même, avec le spectateur, avec celui-même qui ne la regarde
pas, ni elle ni ses uvres ; son goût du jeu au sein de notre société
et avec celle-ci.
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Principales uvres et expositions
Les Tombes (1978): Sophie Calle photographie
des tombes portant l'inscription "Father" et "Mother".
Les Dormeurs (1979): L'artiste à demandé
à différents inconnus, ou amis et entourage quand elle n'avait trouvé
personne, ou encore elle-même lorsq'un dormeur lui faisait faux-bond,
de venir passer un certain nombre d'heures dans son propre lit afin
que celui-ci soit occupé par les dormeurs sans discontinuité
huit jours durant.
Filatures parisiennes (1978/1979) : Sophie
Calle suivait des inconnus dans la rue, notait leur déplacements et
les photographiait à leur insu "pour le plaisir de les suivre et non
parce qu'ils m'intéressaient" écrit-elle dans l'un des journaux intimes
qu'elle tenait durant ces filatures.
Suite Vénitienne (1980) : Un inconnu qu'elle
suivait dans les rues de Paris lui est un jour présenté. Il lui apprend
qu'il part en voyage à Venise, elle décide alors de l'y suivre en filature
là-bas. Photographies, et récit descriptif encore.
Le Rituel d'anniversaire (1980-1993) : chaque
année pour son anniversaire, le jour exact si possible, Sophie Calle
a organisé une fête d'anniversaire où elle invitait un nombre de convives
équivalent au nombre d'années, dont un inconnu invité par l'un des convives.
Pour chaque anniversaire elle a constitué une vitrine contenant
les cadeaux offerts (ce ne sont pas les vrais cadeaux qui y sont utilisés).
Sur les vitres des vitrines sont inscrit des descriptif des cadeaux
offert.
Le Bronx (1980): La galerie "Fashion Moda"
propose à l'artiste un projet en rapport avec le quartier. Sophie Calle
demande à des inconnus de l'emmener dans des endroits du quartier qu'ils
aiment ou qui on une signification forte pour eux, elle photographie
et écrit les récits des inconnus sur ces lieux. La vieille de l'exposition
un "collaborateur inattendu" comme elle l'appelle, entre par effraction
et couvre la galerie de graffitis... l'exposition est présentée ainsi.
La Filature (avril 1981) : Sophie Calle demande
à sa mère d'embaucher un détective privé et de lui demander de suivre
sa fille. Sophie expose ensuite le travaille du détective : les
photos d'elle et le descriptif de ses allés et venus. Elle met en parallèle
le descriptif de ses journées qu'elle a tenu durant ces jours où elle
se savait suivie.
Vingt ans après (2001): le thème et le principe
sont repris. L'ami de l'artiste Emmanuel Perrotin, ayant cru lui faire
plaisir de cette attention, commande une filature de Sophie pour fêter
"l'anniversaire" de cette expérience. Au début réticente, elle accepte
finalement, et se prête au jeu en tenant une sorte de journal décrivant
ses activité durant cette filature.
L'Hôtel (février 1981): L'artiste mis un
an à démarcher avant d'obtenir une place de femme de chambre dans un
hôtel vénitien: un remplacement de trois semaine. Elle se vit confier
douze chambres. Pendant le temps que dura sa mission elle observa et
photographia les effets personnels des gens qui étaient de passage dans
ses chambres ainsi que leurs installations provisoires dans ces lieux
(salles de bain, contenu des poubelles, penderies, lits défaits...).
Le Carnet d'adresses (1983) : ayant trouvé
un carnet d'adresses en pleine rue, Sophie Calle s'est ingéniée à rencontrer
une à une les personnes figurant sur le carnet afin de dresser le portrait
du propriétaire du carnet. Par la suite une exposition sur ce sujet
a été interdite par la personne propriétaire du carnet d'adresses.
Anatoli (1984) : Sophie Calle prend le Transsibérien
qui relie Moscou à Vladivostock en octobre 1984. Elle y partage son
compartiment avec un homme russe nommé Anatoli. Ils ne parlent pas la
même langue et se comprennent peu mais au terme du voyage elle connaît
l'essentiel de sa vie. Elle décrit cette rencontre et l'assortie de
photographies.
Douleur exquise (1984) Après le Transsibérien,
Sophie Calle continue sur Tokyopour retrouver un amant. Mais celui-ci
ne viendra pas au rendez-vous. Sophie Calle décrit chaque jour,
l'espoir avant la rencontre, la douleur qui s'estompe peu à peu
avec le temps qui passe. Cette série a fait l'objet d'un livre
paru en 2003.
Les Anges (1984) : Sophie Calle en voyage
à Los Angeles pour réaliser un travail "in situ" durant les Jeux Olympiques,
demande à des habitants "puisque Los Angeles est littéralement la ville
des anges, où sont les anges?". Photographies et réponses des ces habitants.
Les Aveugles (1986) : L'artiste a rencontré
des gens qui sont nés aveugles, qui n'ont jamais vu. Elle leur a demandé
quelle était pour eux l'image de la beauté et les a photographiés.
Histoires vraies (1988-2003) : Sophie Calle
écrit de très courts récit racontant chacun une période un événement,
un changement de sa vie. Elle illustre chaque récit d'une photographie
où elle est souvent, elle-même, mise en scène.
Fantômes : en juin 1989, Sophie Calle a profité
de l'absence du Nu dans le bain de Bonnard, prêtée par le musée d'Art
Moderne de la ville de Paris, pour demander aux personnes rencontrées
(employés du musée, visiteurs) de décrire ce tableau.
En octobre 1991, elle a répété l'expérience au Musée d'art moderne de
New York, avec cinq tableaux de Magritte, Modigliani, De Chirico, Hopper
et Seurat.
La couleur Aveugle (1991): L'artiste a demandé
à des aveugles ce qu'ils percevaient et elle a confronté leurs descriptions
à des textes d'artistes ( Klein, Richter, Reinhard, Manzoni ) sur le
monochrome.
Last Seen (1991): L'artiste a photographié
l'absence d'objets (leur emplacement d'origine) dans un musée où des
uvres avaient été subtilisées.
No Sex Last Night en collaboration avec Greg
Shephard (1992) : Sophie Calle avait un compagnon depuis un an, mais
leur relation se dégradait, ils ne se parlaient plus. Elle voulait traverser
l'Amérique, et pour l'entraîner dans son périple lui vient l'idée de
lui proposer de faire un film (puisque ledit compagnon était féru de
cinéma. La règle du jeu fut la suivante: chacun avait à sa disposition
une caméra à laquelle ils devaient confier toutes leurs frustrations
durant le voyage. À l'issue du voyage ils se sont mariés.
Gotham Handbook en collaboration avec Paul
Auster (1994) : cet ouvrage mêlant toujours témoignages, photographies
de l'artiste et récits de rencontres, d'expériences... est le résultat
d'un "contrat" (comprenant différentes clauses imposées à Mademoiselle
Calle) passé entre Sophie Calle et Paul Auster. En effet Paul Auster
avait écrit Léviathan, publié aux Editions Actes Sud, dans lequel il
avait été autorisé par Sophie Calle à "mêler la réalité et la
fiction". "Il s'est en effet servi de certains épisodes de ma vie pour
créer, entre les pages 84 et 93 de son récit, un personnage de fiction
nommé Maria, qui ensuite me quitte pour vivre sa propre histoire." raconte
l'Artiste. Sophie Calle en a donc tiré l'idée d'opérer à l'inverse de
la création fictive de Paul Auster et de tenter de ressembler au personnage
de Maria. Paul Auster préfère envoyer des "instructions personnelles
pour Sophie Calle...", et elle a ensuite respecté ses directives. Ce
qui donna son Régime Chromatique, où comme Maria l'artiste a composé,
photographié et consommé un menu entier ne comprenant qu'une seule couleur
par jour; ou encore Des journées entières sous le signe du B, du C,
du W,où l'artiste passait des journée sous ces différent signes.
L'Erouv de Jérusalem (1996): l'Artiste à
demandé à des habitants de Jérusalem, israéliens et palestiniens, de
l'emmener dans des lieux publiques, ayant à leur yeux, un caractère
privé. (En rapport avec la Loi juive qui dicte de rester chez soi durant
le Shabbat. Mais les murs ayant évoluées, la création de l'érouv,
un fil tendu entre des pylônes, délimite un cadre privé pour obéir
à cette règle tout en ayant la possibilité de sortir de chez soi )
Des journées entières sous le signe du B, du C,
du W, (1998) Ensemble de photographies liées à
ces trois lettres.
Appointement with Sigmund Freud (1998) :
Invitée à exposer dans la maison qu'occupait S. Freud avant sa mort,
Sophie Calle introduit dans cet intérieur des objet qui ont une signification
sentimentale pour elle et dont elle s'est servie pour ses récit autobiographiques.
Chambre avec vue (2002): La nuit du 5 au
6 octobre 2002 (une "nuit blanche" organisée chaque année par
la ville de Paris) Sophie Calle s'est fait installé une chambre au quatrième
étage de la tour Eiffel. Elle passa la nuit dans un lit dans cette chambre
où elle invita un par un des centaines de personnes à venir lui raconter
des histoires pour la faire veiller jusqu'à 7 h 00 du matin.
Voyage en Californie (2003) avec la collaboration
de Josh Greene : en juin 1999 un jeune homme californien écrit à Sophie
Calle pour lui demander la permission de venir chez elle se rétablir
d'un chagrin d'amour en occupant son lit. L'artiste non opposée à cette
expérience mais craignant de ne pas apprécier cette personne qu'elle
ne connaît pas et redoutant de ne pas oser le congédier si le cas était
; elle lui envoie son lit ainsi que des draps dans lesquels elle a dormi.
Le jeune homme essuie son chagrin dans ce lit et le lui renvoie en février
2000.
Évaluation psychologique sur une idée de
Damien Hirst (2003) : Sophie Calle connaît Damien Hirst depuis
1989, elle l'a rencontré à Glasgow. Le soir de leur rencontre elle lui
demande de lui écrire une lettre d'amour. Elle reçoit plus tard cinq
pages "enflammées alors qu'ils se connaissaient à peine". Un an plus
tard Damien Hirst lui demande de l'interviewer pour un catalogue d'exposition,
mais elle n'est pas disponible alors elle lui propose d'inventer les
questions qu'elle aurait pu lui poser. L'interview fictive est publiée.
Quand, douze ans plus tard, la situation se présente (Sophie Calle demande
à Damien Hirst de l'interviewer pour le catalogue de son exposition
au Centre Pompidou) il lui envoie un questionnaire psychologique à remplir
par elle et des membres de sa famille. L'analyse par des psychiatres
de ces questionnaire sera publié avec les questionnaires. Une interview
de l'artiste sera faite pour le catalogue par Christine Macel.
Le Centre Georges-Pompidou lui a consacré une exposition
intitulée M'as-tu vue en 2004.
Galerie Virtuelle
La Filature
Sophie Calle, en 1981, s'est fait suivre par un détective. Elle a
demandé à sa mère de le contacter afin qu'il ignore la véritable provenance
de cette "commande". Durant toute une journée, il la suivit. Consciencieusemant
au début, moins vers la fin puisqu'il abandonne son poste en fin d'après-midi.
1984 Douleur exquise: 11ème jour avant
2005
M'as-tu vue 2004
Histoires vraies (1988) : un mariage
Les Dormeurs (1979) L'artiste à demandé à différents inconnus, ou amis
et entourage de venir passer un certain nombre d'heures dans son propre
lit.
Des journées entières sous le signe du B, du C, du W,
(1998) une lettre B M'as-tu vue 2004
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